La nouvelle circulaire missions du professeur principal : vers l’infini et au-delà des limites du supportable ?


Le ministre Jean-Michel Blanquer vient de publier au bulletin officiel du 10 octobre une circulaire modifiant les missions du professeur principal et abrogeant celles contenues dans la circulaire du 21 janvier 1993, en vigueur jusque-là.
Elle est beaucoup plus détaillée que celle de 1993. Ce n’est pourtant pas un gage de clarté car la simple lecture des titres montre que le PP se charge des missions du PSY-EN (ex-COP), du CPE (gestion des conflits entre élèves), voire du chef d’établissement (préparation et synthèse conseil de classe, objectifs des élèves, fiches avenir et avis… ).


L’énumération des tâches dévolues au PP aboutit à une liste interminable qui phagocyte les missions des PSY-EN à tel point que même l’Onisep et les CIO ont disparu de la circulaire et qu’au fur et à mesure de sa lecture, les missions  d’orientation dévolues au PP sont si nombreuses que l’on se demande bien ce qu’il restera aux PSY-EN…
Le détail de cette liste contribue à présenter comme obligatoires pour le PP des missions qui menacent d’allonger sans aucune limite son temps de présence dans l’établissement et de le placer à la disposition de tous les personnels de l’établissement, y compris des familles et des élèves.

 

Cette circulaire ne clarifie pas les missions du PP, elle les démultiplie à l’infini.

Elle fait peser sur lui, notamment avec la réforme Blanquer du lycée et du Bac, une pression considérable en le chargeant de guider les élèves dans leurs choix d’enseignements de spécialité et d’options au regard des attendus de l’enseignement supérieur. La responsabilité de ces choix lui est transférée en même temps que
celle de la réussite des élèves et de leur orientation qui ne lui incombait pas avec la reconnaissance des missions du COP. Ainsi le terme de « responsabilités du PP » est constamment employé quand la circulaire de 1993 parlait de « facilitation, de contribution, de participation, de préparation, de suivi, d’aide », etc.
Les responsabilités du PP impactent aussi les autres professeurs de la classe qui doivent répondre à ses sollicitations (bilans intermédiaires, objectifs personnalisés des élèves, concertations sur les difficultés et les moyens d’y remédier…), alors que le PP n’est pas en mesure d’exiger quoi que ce soit d’eux car il n’est pas leur supérieur.
Cela le place dans une hiérarchie intermédiaire, en tant que « chef » de l’équipe des professeurs de sa classe.
Toutes ces responsabilités ouvrent la porte à une évaluation du PP conditionnée à la réussite des élèves dont il a la charge. Pour permettre de mesurer le nombre incroyable de missions ajoutées au PP, nous les avons numérotées.

 

A lire 

nouvelles_missions_du_pp__snfolc_12_10_18__1__min